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On a traversé l'océan Atlantique!

Bonjour, c’est Martin qui vous écris. Cette newsletter sera un peu particulière car il n'y aura pas que l'avis de l'auteur comme dans les précedentes. Vu que c'est une étape importante de notre aventure, j'ai demandé à mes 3 camarades de me retranscrire leurs ressentis. Je vous raconterais aussi ce qu'il s'est passé jour par jour. Bonne lecture.


Pendant la transat, nous n’avions qu’un seul moyen de communication: un boitier Iridium Go. Je vous explique, c’est un boîtier satellite qui nous permet d'envoyer des SMS ainsi que des mails, il nous permet aussi d’appeler pendant 1h30 en cas d’urgence, comme appeler un médecin. Heureusement nous n’avons pas eu besoin d’utiliser cette dernière fonctionnalité. 


Nous échangions régulièrement avec deux personnes, notre routeur Louis. Louis analysait la météo, la houle sur plusieurs jours pour nous donner le meilleur cap et nous permettre d’éviter soit une tempête ou une zone de pétole ( pas de vent ). Tous les jours nous lui envoyons nos coordonnées GPS et il nous indiquait la route à suivre. Son aide nous à était très précieuse et nous avons eu de superbe condition grâce à lui.


La deuxième personne avec qui nous communiquions tous les jours était ma sœur Camille. Nous avons écrit tous les jours un petit texte récapitulant les dernières 24h qu’elle diffusait sur nos réseaux sociaux. Ce système nous permettait de donner des nouvelles à nos familles et nos amis.


Je sais que certains d’entre vous ne sont pas sur les réseaux, je vais donc vous retranscrire ce que nous avons envoyé à Camille.


Jour 1:

Premier jour un peu musclé. Une houle de travers d'environ 3 mètres. Un début un peu compliqué pour Stan et Francesco. On avance super bien malgré une attaque nocturne de poissons volants.


Jour 2:

Ces dernières 24h étaient plutôt calmes. La houle est un peu moins grosse, il y a toujours beaucoup de brouillard. Le sable du Sahara est poussé par le vent. Le bateau en est recouvert. Jusqu' ici Stan a passé beaucoup de temps allongé, c’est la seul position ou il se sent bien.


Jour 3:

Ça y est, le rythme s’est installé pour l’équipage, tout roule! Hier soir, Martin a fait son repas pour notre concours de cuisine intitulé: “Un diner presque pas fait”, disons qu’il a fait de la cuisine généreuse en crème… Aujourd’hui c’est l’anniversaire de Clément. Hier, Francesco a écouté un podcast trop cool: “ Dans le creux de la vague” qui raconte le Vendée Globe d’Isabelle Autissier”. Il vous le recommande pour vous sentir en mer avec nous!


Jour 4:

Superbe soirée d’anniversaire hier, avec des lasagnes faites maison par Francesco. C’était juste incroyable! Nuit compliquée avec une houle de travers, le bateau bougeait dans tous les sens. On fait maintenant cap au 280, on ne peut pas faire de cap direct car avec la houle nous n’arrivons pas à tenir le vent arrière. On se contente donc d’être à 140° du vent.


Jour 5:

Bonne ambiance à bord, on commence à avoir notre rythme. Pour ne pas tomber dans la routine, parce que les journées se ressemblent, on a prévu pleins de petites activités que vous allez pouvoir découvrir dans notre vidéo. On s’apprête à empanner dans quelques heures vers le sud pour se rapprocher des Antilles. La nuit les planctons rayonnent dans l’eau, c’est magnifique. L’équipage va super bien.


Jour 6:

Hier Francesco a passé un petit moment en tête de mât pour réparer un truc. La vue de là haut, sur la mer, est juste dingue. La légende raconte qu’il a vu la côte... Aujourd’hui on vous imagine en train de réaliser les derniers préparatifs pour votre réveillon! Ne vous inquiétez pas, nous aussi on va se préparer un bon gueuleton pour ce soir. C’est amusant de fêter Noël au milieu de l’Atlantique à 4 copains, avec comme manteau de la crème solaire.


Jour 7:

On a essayé de vous imaginer tous en famille, peut-être sous la neige pour certains. Nous c’était un moment magique ! Tous les 4, dehors, en t-shirt. On s’est offert mutuellement des cadeaux que nous avions acheté au Cap Vert, on a bien rigolé. On a pris un grand plaisir à manger des mets qu’on nous avait offerts au départ pour l’occasion. A la fin de la soirée on a descendu la table du carré pour faire une banquette et on a regardé un film. C’était mignon. On vous souhaite tous un joyeux Noël!


Jour 8:

Étrange ! Nous sommes en plein milieu de l’Atlantique et il n’y a plus de vent. On a donc mis le moteur pour éviter que les voiles claquent et s'abîment. Sans vent la chaleur est très présente. On utilise des draps et tout ce que nous trouvons pour se faire de l’ombre. Le bateau est devenu une véritable cabane d’enfant. Le vent devrait revenir d’ici demain. On a hâte. Sinon l’équipage va super bien. On pensait en avoir marre au bout d’une semaine mais finalement on s’amuse bien.


Jour 9:

On est toujours dans la pétole... D’après la météo, le vent était censé revenir dans la nuit. Il se fait attendre !! On a profité de ce calme pour faire des prélèvements de micro plastique pour Oceaneye. Hier soir, on a également changé d’heure pour s’adapter au fuseau horaire des Antilles, même si avoir un couché de soleil vers 21h en t-shirt nous rappelait l’été. On espère qu’Eole va nous donner du vent favorable pour la fin de la transat.


Jour 10:

Hier soir, on a eu un magnifique spectacle de dauphins qui jouaient avec l’étrave du bateau. A 22h, le vent a pointé le bout de son nez avec un petit 10 nds, juste de quoi avancer à la voile avec aucune houle, quel bonheur! Malheureusement, les conditions ont été assez instables le reste de la nuit. Ce matin, nous avons fait cap vers notre destination avec les voiles en ciseaux. On s’attend quand même à re-avoir des trous de vents. Cette nuit, Clément et Stan, ont laissé leurs hublots ouverts parce que la chaleur est intenable (comme plusieurs jours). Mais à 4h, une vague s’est invitée sur le pont, réveillée par l’équivalent d’un seau d’eau ! Ils étaient dégoutés ! ahah


Jour 11:

Le bateau et l’équipage se portent bien. Le vent est toujours très instable, on a bien ralenti notre rythme ces derniers jours. J’ai (Stan) personnellement hâte d’arriver. On tient le bon bout ! Hier on a vu quelque chose de très gros attaquer des poissons, c’était assez impressionnant. Notre canne à pêche s’ennuie, à part remonter des algues, pas grand chose ne mord à l’hameçon...


Jour 12:

Le vent est revenu depuis plus de 24h et nous avancions entre 6 & 7 nds. La nouvelle du jour : Un poisson mord à l’hameçon, plutôt gros !!! Francesco mouline de toutes ses forces mais à quelques mètres du bateau, la ligne casse... On console alors Francesco qui a beaucoup de mal à s’en remettre. Il en a fait des cauchemars toute la nuit. On commence à avoir hâte d’arriver aux Antilles. Nous avons aussi fait une aprem cinéma en regardant toutes les vidéos enregistrées sur la Gopro avant de partir ! On a bien ri !!


Jour 13:

Hellooo ! On espère que vos préparatifs pour le nouvel an se passent bien ! Nous on galère à envoyer une invitation à chaque poisson volant qui sont venus visiter le bateau ! On file toujours à toute vitesse vers les Grenadines !! C’est plutôt calme donc on chill un max ! Ça fait 2-0 pour les poissons, une bonite a recassé la ligne hier... On espère ne pas arriver bredouille, on ne lâche rien ! Sinon Clément commence à avoir des hallucinations, je pense que la terre lui manque... Cette nuit il était persuadé d’avoir aperçu le phare de Suriname qui est à plus de 300km de nous ! 


Jour 14:

Bonne Année ! On a bien pensé à vous hier. Nous aussi on a fait une petite soirée, nos invités se sont défilés mais on était bien tous les 4 avec un peu de musique, apéro et quelques bulles pour l’occasion ! On a vraiment hâte de poser le pied à terre pour la première fois de l’année. Encore quelques jours…

Meilleurs vœux de l’équipage !

PS : Bonne nouvelle, Francesco a enfin réussi à pêcher un poisson !!! Une dorade coryphène de 69cm, on va se régaler


Jour 15:

L’impatience d’arriver aux Grenadines monte jour après jour. Heureusement que le vent est de retour et que la distance qu’il nous reste à parcourir n’est plus très grande. Hier soir, Francesco nous a montré de quoi il était capable avec son concours de cuisine. Il ne reste plus que Stan ! Ça me met la pression.


Jour 16:

Nous voici sur la fin de cette transat. Nous devrions arriver un peu après le coucher du soleil aux Grenadines. Nous avons profité de la journée d’hier pour faire un grand nettoyage du bateau en partie la cale et le moteur. Puis nous avons terminé la journée par un délicieux confit de canard qui nous a bien endormi. A l’heure où je t’écris, le vent a bien forci. Nous avançons à 8-9 nds en surfant sur les vagues.



Au bout de 17 jours nous voici arrivés au port saint Louis à Grenada dans le sud des îles Grenadines. Un endroit magnifique!


Notre transatlantique est une expérience très compliquée à décrire. Parce que de notre point de vue il ne s’est pas passé grand-chose. C’était juste 17 jours au milieu de l’océan à avancé. Un peu comme si vous roulez avec votre voiture sur une longue route en ligne droite pendant plusieurs jours.


Donc j’ai demandé à mes 3 amis de vous décrire leur transat parce que même si nous l’avons partagé cette expérience ensemble nous ne l'avons pas vécu de la même manière.

Bon, je me lance et le récit des autres viendra après.


Quelques jours avant de partir je n'avais aucune appréhension, pour moi c'était une traversée de plus comme un Canaries-Cap Vert. Juste une chose me faisait un peu peur: la durée de la traversée. J’avais peur de péter un plomb au bout d’une dizaine de jour et de devenir invivable. Donc pour éviter ça je me suis programmé une routine qui me permettait, sur une journée, d’avoir du temps seul et avec les autres. Je vais donc vous expliquer ma journée type.


10h: Lever et début de mon quart ( souvent Stan restais avec moi )

12h: Lever de Clément et Francesco

13h: Repas

14h: Je regarde un film dans ma cabine

16h: Je sors dans le cockpit pour discuter avec les copains en attendant mon quart

18h: début de mon quart

20h: fin de mon quart et début du dîner

21h: coucher puis lever entre 2h et 4h pour mon quart de nuit


Les deux moments préférés de la journée sont lorsque je regarde un film et mon quart de 18h car c’est le moment où on est tous réunis pour discuter.


Personnellement j’ai trouvé la traversée très longue que autour du 12 ème jour où je me demandais souvent: “ y'a t-il vraiment une fin à cette traversée? L'Amérique existe t-il ?”. Mais cette traversée m’a permis par exemple de lire des livres, ça peut paraître étrange pour certains mais à part des BD de temps en temps mon dernier livre doit remonter au début de mon lycée. Et j'avoue que les livres sur la mythologie m'intéressent beaucoup. Le fait d'être seul m’a permis aussi de beaucoup réfléchir mais le plus dur c’est de penser au moment présent, donc je me suis inventé une bonne centaine de vie toute aussi cool les une que les autres, on verra lequel j'emprunterais ahah. 


Mis à part ça, traverser l'Atlantique était quelque chose d'exceptionnel, on en apprend beaucoup sur nous et en navigation. Et la sensation lorsque j’ai vu les premières lumières de l'île de Grenade était géniale.


 Mais je pense que je préfère le cabotage ( aller d’un endroit à l'autre en faisant de courte navigation).


Clément:

Il y a quelques années je me disais que la navigation hauturière (au large) c'était forcément sportif, tout le temps être en équilibre à forcer pour tenir la barre dans des creux de 4 m, avec du mal à s'entendre à cause du vent...


En réalité notre transatlantique aller, était plutôt tranquille, un peu trop tranquille d'ailleurs ! 

On a passé 80 % de notre temps assis ou allongé, et beaucoup de temps à se divertir en lisant, regardant des films, écouter de la musique ou des podcasts.


On avait un rythme plutôt familial en étant souvent chacun de notre côté et on passait des super moments tous ensemble en soirée.


Physiquement on avait souvent des douleurs, mais c'est surtout mental, parce que c'est compliqué de voir le bout, le temps est plutôt lent.


Ce n'était pas tout le temps du plaisir mais hyper content d'avoir eu cette expérience où l'on apprend beaucoup sur soi et sur le vivre ensemble. 


La transat retour sera plus dure on a donc une petite appréhension et en même temps j'ai hâte car elle va être challengeante !



Stan:

17 jours sans voir la terre, sans voir de vie autres que mes 3 amis, sans pouvoir marcher, sans réseaux, …, c’est long.


Le vent est extrêmement régulier (vent arrière tout le long), c’est très agréable et ça nous permet de bien avancer, mais ça veut aussi dire qu’il y a très peu de manœuvres à faire. On règle les voiles une fois, puis on y touche plus pendant plusieurs jours.


Les sujets de discussion s'épuisent mais d'autres plus spirituels apparaissent.


Les journées se ressemblent, rythmé par nos quarts jour et nuit, le soleil est chaud, et ne nous épargne pas de 7h à 18h, on cherche l’ombre.


On met et retire notre ligne de pêche chaque jour, les poissons sont rares mais gros, beaucoup d’hameçons cassés.


À bord, les livres se pressent et se terminent les uns après les autres.


J’ai vécu en milieu de la traversée un Noël, et un jour de l’an, sacré expérience qui n’arrive pas tous les ans. On a alors troqué nos maillots de bain par de vrais vêtements le temps de ces 2 soirées, c’était l’occasion de bien s’habiller. Même le team vaisselle aide à la préparation du repas, on gardait quelques produits Français depuis notre départ pour ces occasions. Ces soirées resteront gravées dans nos mémoires.


On se rapproche chaque jour un peu plus de notre objectif, les Grenadines, quand soudain, le GPS nous donne une heure d'arrivée, le 4 janvier à 00h30 !


Quel excitation, je l’avais tant attendu, et tout d’un coup les choses changent, il faut prévenir le port de notre arrivé, trouver un endroit ou mouillés (mettre l’ancre) pour la nuit de notre arrivé, idéalement pas loin du port, il faut redoubler de vigilance car on se rapproche des côtes et croise de nouveau des bateaux. On voit maintenant un phare, puis les lumières de l'île, des avions qui décollent, on passe notre temps à regarder la côte qui se rapproche petit à petit, cela faisait 17 jours que l’on ne regardait presque plus autour de nous.


Le lendemain matin, on découvre une eau turquoise à 30°, de la mangrove, et une île luxuriante avec une végétation dense et verte.


Ça y est, on y est, le bateau est amarré au port, une première pluie arrive, ça faisait des mois qu'on n'en avait pas eu. On revoit vos messages de soutien, et on appelle nos familles pour leur raconter ces derniers jours.



Francesco:

Le dimanche 18 décembre au matin, le bateau est prêt, l’équipage a hâte de partir, soif d’aventure et de découverte. On largue les amarres du port de Mindelo direction Port Louis aux Grenadines. Je quitte avec émotions et excitations le Cap Vert, une destination qui m’a extrêmement marqué, autant enrichissante en rencontre qu’en paysages nouveaux et uniques. 


Je suis dans une phase d’euphorie au début, on se dirige droit vers les caraïbes, on en rêvait et on s’y rapproche réellement, enfin. Lors de la préparation du projet, j’allais sur google earth pour regarder à quoi ça ressemblait, et le moral remontait à bloc. Là, on y va pour de vrai ! 


Au début, l’excitation est toujours là, mais mon corps s’était un peu trop habitué à la terre ferme. Résultat, les trois premiers jours n’ont pas été de tout repos pour moi, j’ai bien lutté contre le mal de mer. Les 6 premiers jours étaient plutôt musclés avec du 20/25 nœuds, on a pété tous les records, on avançait super vite.


Petit à petit, le rythme s’installe. Personnellement, j’adore les longues navs sans connexion, où je peux me retrouver un peu plus seul avec moi-même et prendre du temps pour moi. Ça me change de ma vie toujours à deux milles à l’heure à courir à droite à gauche et toujours faire des milliards de choses. Je me recentre un peu sur moi et ça me fait du bien aha. C’était pas toujours facile pour tous mais moi j’ai adoré !


On a bien mangé pendant cette transat, en deuxième semaine, la météo était plus douce, ça nous a permis de laisser parler notre créativité en cuisine avec Clément. J’espère que la vidéo youtube vous montrera, mon concours de cuisine, j’en suis pas peu fière ! Filet de dorade et butternut en papillote avec une tarte au citron en dessert ! 


La pétole de fin de deuxième semaine a été un peu longue et dure pour le moral, j’avais hâte d’arriver et d’enfin découvrir les Antilles, une étape clé du projet.


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