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Une transat retour dont on se souviendra

Hello,

C’est moi, Francesco qui vais vous raconter nos péripéties de notre transat retour. Avant de commencer, il faut savoir que la transatlantique retour n’a rien à voir avec les conditions de la transat aller. À l’aller, on est portés par les Alizés, un vent stable et régulier qui nous pousse directement vers les Caraïbes. Au retour, nous sommes dans une zone où le vent est plus irrégulier avec des alternances de dépression et anticyclone, la navigation y est donc plus complexe, il faut en permanence être alerte sur la météo pour anticiper au maximum. Pour ne pas se retrouver dans trop de vent ou sur une mer d’huile. C’est un grand jeu du chat et de la souris auquel on a joué pendant 3 semaines tout pile soit 21 jours... 21 jours où l’on est passé par toutes les émotions et niveau de fatigue possible, une transat bien complète et riche en expérience.  





Pour nous aider dans la navigation, je voudrais grandement remercier Louis, qui nous a fait notre routage pendant cette traversée. C’est un rôle à ne pas sous-estimer, surtout au retour, il a été d’un grand soutien au quotidien pendant cette transat !

En continuant les remerciements, merci à Camille, la sœur de Martin qui a relayé nos messages sur nos réseaux sociaux, pour nous suivre au quotidien. Ainsi que directement aux écoles et classes qui nous suivent cette année. Elle nous a fait parvenir vos messages de soutien lorsque l’on était au plus bas pour nous rebooster le moral !









Cette Newsletter sera un peu particulière, comme à l’aller, nous avons pu communiquer via un téléphone satellite et envoyer un message par jour pour rassurer familles, amis, élèves, mécènes, sponsors. Je vais vous remettre les messages ici en complétant un peu avec un peu plus de détails. J’ai aussi demandé à chaque membre de l’équipage de partager ces ressentis sur cette grosse épreuve de notre projet !


Les ressentis de chacun :


Clément : Il s'est passé tellement de truc pendant cette transat que je ne savais pas trop comment raconter mes impressions donc je l'ai fait en plusieurs points.

 

Les Réparations :

Chaque jour était un combat. Le bateau, cinquième équipier de notre périple, nécessitait des soins constants. Des réparations qui semblaient parfois interminables comme le génois. Et parfois on pouvait passer une journée à réparer pour que la réparation de marche ou ne tient pas. Mentalement c'est dur.

 

La Nuit :

La nuit, ce n’était pas facile. Le bateau dansait sur les vagues, et le sommeil était un luxe rare. Deux heures, pas plus. Le bruit de l'eau, les grincements, tout se mélangeait dans un tourbillon de sensations. J'étais là, allongé, les yeux grands ouverts, le cerveau entrain d'angoisser. La peur d'une avarie, d'un imprévu, me tenait éveillé.

 

La première dépression :

Trois jours sans sommeil. Trois jours où chaque craquement du bateau résonnait comme un avertissement. J'étais en alerte constante. Si quelque chose cassait, si le vent se déchaînait davantage, comment gérerions-nous ? Mais au milieu de cette lutte, il y avait aussi une étrange beauté. L'adrénaline, la conscience tourné vers le moment présent. J'étais vivant, intensément.

 

Le Calme Après la Tempête :

Et puis, les jours où le vent s'apaisait. Le vent retombait, la mer se calmait. Le bateau glissait doucement, comme apaisé lui aussi. C'était un soulagement indescriptible. J'ai fermé les yeux, senti le soleil sur mon visage, et j'ai su que j'étais là où je devais être. Moment de pur bonheur dans cette épreuve, c'est peut-être pour ses moment qu'on navigue.

 

La Fierté :

Ce voyage, c'était l'une des épreuves les plus dures de ma vie. Mais aujourd'hui, je suis fier. Fier d'avoir affronté l'océan, les nuits sans sommeil, les réparations incessantes. Avec Franchi, Stan et Martin, on a écrit notre propre histoire. Et je suis fier de nous, d'avoir navigué à travers les défis de l'océan, d'avoir appris sur nous-mêmes et d'avoir partagé cette aventure unique à notre âge.

Et la question qui commence a germé, c'est quelle serons les prochaines grande aventure 😉




Stan:

21 jours, il y a le temps de s’en passer des choses en trois semaines… On ne s’est pas ennuyé !

J’ai vécu un ascenseur émotionnel, avec de très beaux et forts moment de cohésion.

On a vécu beaucoup de casse matériel à bord du bateau, c’est à chaque fois une nouvelle situation à gérer.

Le plus souvent, tout arrive en même temps dans des conditions assez musclé, avec du recul, je suis très fier De la façon avec laquelle nous réagissions à chacune de ces situations.






Il y a toujours l’un de nous pour gérer l’avarie avec ses capacités et beaucoup de sang-froid.

J’ai vécu des situations auxquelles je ne pensais pas être confronté. Un jour. C’est une réelle expérience.

Pour être honnête sur le moment, ce n’était pas toujours du plaisir et j’ai souvent eu hâte d’arriver, on est maintenant au acores pour quelques jours avant de prendre la mer une dernière fois pour vous retrouver à Bordeaux !







Martin:

Le début de transat était très tranquille avec la chaleur des Antilles et un bateau qui avance super bien. Avec des prise de riz régulière ce qui permettait de ne pas s'ennuyer.

Mais dès que les avaries se sont enchaînées et que le gros temps est arrivé ça a commencé à être plus compliqué pour moi. Le manque de sommeil et le froid ma épuisé mentalement et physiquement. Je passais ma journée dans ma cabine (les jours où il n'y avait plus rien à réparer) pour essayer de dormir mais impossible. Heureusement notre routeur Louis nous encourageait et été là pour nous donner de bonne nouvelles. Ce passage là ce passe sur les 10 premiers jours.









Les 11 jours qui ont suivi je me suis beaucoup reposé et la vie à bord est redevenu normal. J'avais une grosse envie d'arriver sur les 5-6 derniers jours. Je discutais beaucoup avec Stan car je savais qu'il était dans le même état que moi. J'ai adoré notre arrivée avec un super remorquage du port d'Horta.

Hyper content d'être arrivée et de découvrir cette endroit mythique ou les plus grands marins du monde sont déjà passés








Franchi:

Pour moi l'appréhension de la transat retour, était je pense un peu différente de celle des copains. Pour préparer le projet de cette année, j'avais réalisé l'année dernière, cette même transat retour sur un bateau de taille similaire, un beau ketch aussi !

Ça avait déjà été difficile, avec du gros gros temps, de la grosse mer, et de la casse...

Je partais avec une envie forte de réaliser ce défi ensemble, je savais déjà qu'on allait trouver ça dur, mais persuadé que c'est une étape dont on allait être fière et un moment fort du projet.

 

On est parti avec un bateau, propre et bien révisé, on avait passé une semaine entière à Saint-Martin, dernière île française où il est facile de trouver du bateau. Pour entièrement à bichonner Five pour la transat retour.



Donc, je partais confiant, avec un bateau prêt, enthousiaste pour notre arrivée à Bordeaux, plein d'énergie, avec le plein de soleil.

 

Les 3 premiers jours ont été magique, on filait, sur une mer peu formée. Une acclimatation parfaite pour moi qui ait l'habitude d'avoir un sacré mal de mer le premier jour de grande traversée. Le soleil était plus doux à mesure que l'on remontait au nord, les nuit plus fraîches, de quoi se reposer plus facilement.

 

Je me souviens très bien, aller me coucher le 3 au soir, en extase devant les étoiles et la fine lune qui nous accompagnait. Me disant que ces 3 premiers jours étaient magiques, touchant du bois pour que ça continue comme ça.

 

Et bingo, jour 4 : déchirure du génois… Petit coup au moral sachant qu'on venait de l'inspecter avant le départ après le saut d'une couture. Le point positif c'est que c'était réparable. Les jours suivant ont été rythmé par les innombrables points de coutures réalisé sur ce génois, d'essaie de recollage de la voile. Un peu de travail manuel, de quoi bien remplir nos journées qui pour moi sont passés très rapidement. Souvent bousculé par les éléments, avec de la grosse houle et du vent, nous forçant à remettre à plus tard notre réparation.

La suite de la transat a été un réel ascenseur émotionnel, avec des gros boost de moral lors de nos petites victoires, avec vos messages d’encouragement et de courage, avec de beaux levé de soleil, de lune, les dauphins et la mer d’argent. Et des gros coups de mou lorsque les éléments s’acharnaient contre nous, avec la casse, la pétole, la pluie et le froid.

Ce que j’ai réellement appris lors de cette traversée, c’est qu’il est inutile de lutter contre les éléments, à trop forcer, à s’épuiser dans le gros temps. On s’épuise trop vite et c’est dans le rouge qu’on se met en danger. J’ai appris à m’écouter, à accepter quand l’océan était trop déchainé pour travailler sur le bateau, à m’adapter.



Faire preuve de résilience pour prendre les quarts de nuit dans nos affaires trempés. Et surtout être heureux malgré les difficultés parce que c’est ça dont on se souviendra.

Je suis trop fière de nous, de l’écoute et l’entraide dont on a été capable lors de cette traversé qui pour sur restera gravé comme une étape clef de notre projet.  


Messages hebdomadaires:


Jour 1 (Stan)

 " Ça y est, les premières 24h viennent de s'écouler Pour le moment les conditions de navigation sont optimum, le bateau avance très bien direction les Açores. Les nuits sont plus fraîches à l'extérieur (on met des pulls), mais toujours aussi chaude à l'intérieur, compliqué de dormir. Le moral est bon ! "




 Jour 2 (Clément)

" Les conditions sont toujours plutôt calmes et on avance bien. On se repose encore beaucoup car il faut reprendre le rythme et les nuits sont assez courtes Ce matin on a découvert un équipier clandestin dans le bateau. Un tout petit oiseau avec le plumage jaune sur le ventre qui, très affectif il vient parfois s'agripper sur nous."







Jour 3 (Franchi)

"Grande nouvelle du jour, nous sommes sortis du triangle des Bermudes sans encombre ! Ce matin Stan nous a gentiment réveiller tôt : "Oh les gars j'ai besoin d'aide !" à 7h du mat. On a préparé le bateau avec des petits yeux pour passer le front de la dépression, tout s'est bien passé. On a eu 30 nœuds pendant 20 mins puis un changement brutal de direction du vent.

Là, on devrait bien avancer avec un vent soutenu pendant 2/3 jours à une allure confortable. Toujours trop de sargasse pour que les prélèvements de microplastique pour Oceaneye utilisables. Coucou de l'équipage et de I ‘oiseau de bord"


Jour 4 (Martin)

"Bonjour, Premiere news du jour : notre Génois s'est redéchiré à un autre endroit donc on l'utilise avec 2 riz Deuxième news du jour : l'oiseau nous a quitté, il va nous manquer ! Sniff Troisième news du jour : la nuit fut horrible avec une grosse houle de travers. Sinon tout va bien, le morale est bon et on s'apprête à réparer notre génois

PS : il fait froid la nuit c'est assez étrange comme sensation. "

Petite précision sur la déchirure du génois. On était au portant (vent qui nous pousse), dans un petit temps. En faisant le tour du bateau, Clément s’aperçoit, d’une énorme déchirure au niveau du tier supérieur du génois. Après l’avoir affalé, le diagnostique est formel, une couture a sauté sur 2m. Et en plus c’était une triple couture ! On a eu un sacré boulot de couture… Rien de grave pour le tissu qui est resté intacte.



Jour 5 (Stan)

 "La réparation de notre génois va nous prendre plusieurs jours. On l'a remplacé par notre trinquette qui nous a elle aussi lâché au milieu de la nuit sous 25 nœuds. On a improvisé un atelier de couture de nuit, pour ensuite la réinstaller. Pas facile de nuit avec le vent et la houle. Point positif, on a l'habitude l'équipage se porte bien et on est là où on a envie d'être ! "


Pour la réparation du génois, avant de partir, on avait lu un tuto sur le fameux site collaboratif des marins : Hisse et Oh. On nous avait conseillé de recoller avec du Sika (mastic) les deux morceaux de tissu avant de recoudre, pour faciliter la couture ensuite. Enorme erreur, ça n’a pas du tout tenu, on a en plus perdu plus d’une demi-journée de boulot à mettre du mastic, puis à l’enlever… Moralement, ce n’était pas super drôle. On s’est vite rendu compte du nombre d’heure que l’on allait devoir passer à recoudre.


Jour 6 (Clément)

"Hier les conditions se sont encore un peu corsées, entre 25 et 30 NDS de vent et 3 à 4 m de houle. On était tous épuisé, mais on gardait le smille. En fin de nuit le vent s'est calmé on a donc pu un peu mieux se reposer. C'est un peu plus agréable avec moins de vent mais on n’avance vraiment pas vite, on a hâte que la houle se calme pour reprendre la réparation du génois qu'on avait mise en stand-by."



Jour 7 (Franchi)

"Le froid de fait ressentir entre 12 et 16°C à bord, on a vraiment plus l’habitude. La douche n'est plus un moment pour de rafraîchir sous le soleil des Caraïbes. C'est plutôt une question de vivre ensemble et d'effort pour l'équipage maintenant. Hier aprèm, le vent a commencé à diminuer, la houle était encore bien formée, on s'est fait balader toute la nuit. Ce matin le soleil est revenu, petit podcast au soleil avec vitesse tout de même un peu réduite. On va pouvoir recommencer les réparations du génois demain quand la houle se sera calmée"








Jour 8 (Martin)

"Bonjour, Le froid a eu raison de moi hier j'ai passé la journée au lit avec un peu de fièvre mais aujourd'hui tout va bien ! Franchi et Clément ont profité qu'il n'y est pas beaucoup de vent et moins de houle pour recoudre le Génois (ce n’est pas encore fini mais ils ont bien avancé). Et Stan a fait le quart le plus long de l'histoire (6 heures 37 minutes) car il était le seul disponible. Il a aussi fait un prélèvement de microplastique. Malheureusement il y avait trop de méduses dans le filet pour qu’on puisse l'utiliser.



Jour 9 (Stan)

"Aujourd'hui nous avons un beau ciel bleu, une mer calme et un vent glacé. Les conditions sont bonnes pour finir de réparer le génois dans quelques heures, Clément et Martin s'en occupe. Franchi a lui la tête dans le moteur, il est tombé en panne ce matin. Et la magie opère, en écrivant ces quelques lignes, Franchi vient de réussir Après 3h, et plusieurs pièces changés c'est reparti. "

Pour la panne moteur, une petite pompe poire en amont du moteur (entre le réservoir et le moteur) fuyait. Le moteur n’était donc plus alimenté en diesel, après l’avoir remplacé par celle de l’annexe. J’ai purgé le moteur, puis il est reparti sans trop broncher ! On était heureux, mais ce n’était que le début du calvaire avec le moteur.


Jours 10 (Clément)

"Encore pleins de péripéties ses dernières 24 h. Après 6000 points de coutures dans le génois on a pu le remettre à poste, et on avance à vive allure grâce à lui ! Avec des pointes à 8, 9 nœuds on se demande si on n’est pas aidé par le courant du Gulf Stream Bon et pour éviter de faire des poses, hier soir le pilote auto ne fonctionnait plus donc on a barré toutes la nuit. Rien de très grave c'est un morceau de planche où est fixé le support du moteur (du pilote) qui est pourri donc aujourd'hui c'est bricolage pour refixer le tout. Chose réconfortante quand même hier on s'est fait plaisir avec un confit de canard avec des patates, ça régale ! "










Jour 11 (Franchi)

"On garde le moral malgré la difficulté

Hier a été une journée pas super cool, Stan a barré toute la journée, Clement et Martin ont tenté de réparer le pilote, et moi la tête dans le moteur.

On était sous 25 nœuds, ça gîte, ça tangue, on s'attache, on se cogne, on s'agace.

En fin de journée, Clément et Martin essayent de rallumer le pilote, la réparation n'est pas assez solide et ne tient pas.


Coup dur pour l'équipage. On se redonne un mini sourire quand le moteur redémarre en fin de journée, petite victoire qui fait plaisir !

On s'est fait tabasser toute la nuit, avec 25/30 nœuds, pas facile de dormir même lessivé comme on l'était.

Aujourd'hui le soleil nous réchauffe, on reprend des forces, on continuera demain quand le vent baissera un peu

Plus que 24h sous 30 nœuds et on aura fait le plus dur ! "












Jour 12 (Martin)

"Bonjour, Super début de journée aujourd'hui. Une température extérieure plus que convenable avec des conditions beaucoup plus douce. On a troqué nos vestes de quarts et nos pantalons de ciré par des pull et des pantalons. Toujours pas de pilotes mais ça nous permet de progresser à la barre. On avance super vite et on espère que les conditions vont rester comme ça jusqu'à la fin. "

Jour 13 (Stan)

"Nous avons une journée similaire à celle de là veille des conditions très calme avec un grand ciel bleu, On en profite pour continuer notre liste de réparation à faire, on a été très productif hier. Il nous reste peu de distance à parcourir, la fin arrive vite. On a hâte de vous retrouver pour notre arrivée à Bordeaux le 18 mai ! "


Jour 14 (Clément)

 " Toujours une météo très calme, nous sommes entrés dans l'anticyclone des Açores. Encore plusieurs petites réparations qui occupent bien nos journées et de bons repas qui nous aident à mieux supporter le froid. Ce qui est dur avec le froid c'est de se laver ahah, parce que l'eau de l'océan s'est bien refroidie aussi -. Sinon le moral est bon on espère que le vent va un peu monter pour avancer plus vite et on devrait normalement arriver dimanche."







Jour 15 (Franchi)

"Bon bah comme vous voyez à notre vitesse moyenne, ces dernières 24h on a pris notre temps. Bloqué dans de la pétole, Five de baladait sur une mer d'huile. On en a profité pour bricoler un peu. C'était un peu rageant de de voir à l'arrêt complet avec une forte envie d'arriver. Heureusement le vent est remonté dans la nuit, le courant est avec nous. Je vous écris en sortant de mon quart où je viens de faire du 8nd en route direct vers les Açores. Ça fait plaisir de voir les milles défiler.

À très vite ! "


Jour 16 (Martin)

"Bonjour, ça fait 24h que le vent est enfin revenu. Clément bat le record de vitesse (de la transat) avec une pointe à 12,83 nds ! Fait marrant du jour : les coordonnées Nord et Ouest sont identiques. Fait stylé du jour : on a croisé un voilier cette nuit (le premier depuis 10 jours), qu'on l'a vite laissé dans notre SILLAGE lol. "

 



Jour 17 (Stan)

 "Vent, pluie, pétole, puis vent, pluie, et pétole... Voilà à quoi ressemble nos derniers jours, chacun de nos quarts est 'occasion de mettre nos vêtements mouillés ou humides par le sel, comme enfiler une combinaison mouillée avant d'aller surfer. Chaque jour notre arrivée au acores recule de 2 jours haha. On se serre les coudes pour ces derniers instant, la météo ne devrait pas nous donner de répit, mais on est motivé pour arriver. "





Jour 18 (Clément)

"On a un vent plutôt irrégulier donc on change souvent de configuration de voile, a enlevé L’artimon ou prendre des ris dans d'autres voiles Franchi s'est motivé à nous faire deux belles miche de pains, de quoi se faire plaisir avec des tartines au beurre ou au pâté -

 Aujourd'hui très beau soleil qui nous réchauffe un peu autant physiquement que moralement !"

 



Jour 19 (Franchi)

" Hier j'ai passé la journée à bricoler le bateau pour être le plus tranquille et profiter des Açores. Cette nuit a été très compliqué avec une zone de molle à 1h du matin jusqu'à 10h. La houle tapait la jupe qui résonnait dans tout le bateau. C'était très fatigant et stressant pour l'intégrité du bateau. Donc pas beaucoup de sommeil pour I ‘équipe. Chacun retient ces nerfs ce matin. La mer s'est calmée, le vent est tout doux entre 6 et 8 nœuds. On glisse doucement vers les Açores. Le soleil nous réchauffe et on apprend la patience. On voit le bout !"




Jour 20 (Martin)

"On a vu la terre !!! Cette nuit nous sommes passés entre deux iles des Açores. Un peu frustrant de ne pas s'arrêter mais on devrait arriver demain matin tôt. On profite de ces dernières heures de navigation pour se reposer et se rappeler tous les moments cool et compliqué de cette transatlantique. Hyper fière d'avoir traversée deux fois L’atlantique ! "










Jour 21 : On arrive !! Presque... (Franchi)

L’arrivée était parfaitement à l’image de cette transat : pleine de rebondissement. On a commencé à apercevoir la terre au milieu de la nuit, on filait avec un bon vent, on sentait la terre. J’étais fatigué mais l’excitation de l’arrivée a pris le dessus. Je me suis forcé à aller dormir pour arriver d’attaque. On est passé sous l’île de Faial pour arriver, Clément et Stan sont passés par toutes les forces de vent entre 0 et 25 nds avec les effets de site dû au relief de l’île.  Vers 4h du matin, je me lève pour prendre mon quart, le bonheur de se retrouver entre les îles, on fait notre dernier virement de la transat avec Martin. Tout est beau, les premières lueurs de l’aube nous accompagnent vers le port de Horta. Je vais réveiller Stan et Clément car avec un moteur pas fiable, il faut être prêt à tout. Dernier test moteur, tout est bon, on enlève le bout de sécurité de l’ancre au cas-où, on met les pare-bats, les amarres sont à poste. On est devant le port, on se prépare à affaler. Martin allume le moteur, on commence à affaler, comme une danse que l’on a répété des centaines de fois. Une fois affalé, le moteur baisse en régime et nous lâche. À 300m de l’arrivée. Je ne réfléchis pas plus, la digue est proche, je cours à l’avant mettre l’ancre, heureusement qu’on avait tout préparé au préalable. On ne lésine pas avec la chaine, la digue est proche, on met 60m de chaîne pour être le plus en sécurité possible. On attend de voir si l’ancre prend. C’est bon elle tient !

Les plus voileux se demandent pourquoi, nous n’avons pas renvoyer une voile pour s’éloigner de la digue. Avec les 20 nœuds qui nous poussaient contre la digue, on était trop proche pour tenter cette solution. Puis j’avais regardé le fond avant la manœuvre, on pouvait jeter l’ancre en sécurité.

Une fois ancré, je ne perds pas plus de temps pour lancer un appel de détresse avec la radio du bateau. Il existe 3 niveau de détresse pour les navires :

1/ Mayday -> situation nécessitant un secours immédiat, une urgence vitale

2/ Panpan -> situation d’urgence, pas forcément vitale, aucune vie humaine n’est en danger immédiat, mais il y a un problème grave à bord.

3/ Sécurité -> message relatif à la sécurité en mer, comme un conteneur à la dérive ou une bouée qui n’est plus éclairé.

 

J’ai donc émis un Pan Pan sur le canal 16, pour les plus curieux, c’est extrêmement codifié pour permettre une compréhension rapide du problème :

1)      Type d’urgence x3

2)      Nom du bateau et indicatif d’appel (numéro unique lié au bateau, un peu son numéro de téléphone perso)

La position

3)      La demande, ce pourquoi on appel

4)      Nombre personnes à bord

5)       Des éléments permettant de mieux repérer le bateau

Pour nous le message a ressemblé à ça :

“Pan Pan, Pan Pan, Pan Pan, all stations, all stations, all stations, for Five, Five, Five call sign Foxtrot Lima (FL en alphabet international) 4 9 9 1 4, Foxtrot Lima 4 9 9 1 4, Foxtrot Lima 4 9 9 1 4,

Position : November (pour le nord ) 3 8 °  5 3. 1 8’ - Whiskey (Pour West) 2 8 ° 6 1. 95’

we are next to the mole in front of Horta’s port.

Requesting immediate towing due to engine failure, Requesting immediate towing due to engine failure, Requesting immediate towing due to engine failure.

(demande d’un remorquage immédiat à cause d’un problème moteur)

We are anchored and safe, we are anchored and safe

Over (fin de message)





Les secours ont été extrêmement réactif, la première chose dont ils se sont assurés est la sécurité à bord :

Autorités : “Foxtrot Lima 4 9 9 1 4, we hear you, are you safe ? Over” Ils nous ont appelés via notre indicatif d’appel, pour savoir si on était en sécurité.

Five: “ Yes, we are safe, but we are not sure the anchor will hold a long time due to the swell”

 Je leur ai répondu qu’on était en sécurité, mais que je n’étais pas sûr que l’ancre allait tenir longtemps à cause de la houle.

Ils sont venus avec un bateau en 3 minutes, on a dû les sortir de la pause-café à 7h du matin, mais ils ont été super réactifs et trop gentil !

Ils nous ont remorqué devant le port, de l’autre côté de la digue pour être en sécurité et protégé de la houle. Cette photo mémorable du lancé du bout de remorquage par Martin restera gravé dans notre mémoire.




C’est sur cette dernière péripéties que s’est clôturé notre transatlantique, je vous écris depuis Sao Miguel, notre dernière étape avant de rejoindre la France. On a réparé le moteur ! J’aimerais remercier Thomas, le grand-père de Noé, Oncle Zinou et tante Maitou qui m’ont été d’une grande aide pour trouver le problème moteur à distance !



La voilerie d’Horta a trouvé qu’on avait fait du bon travail de couture ! On a réparé le pilote, on est prêt à affronter le Gascogne ! Avec des conditions difficiles et peu de vent ! Merci à Jean-Pierre, Martine et Louis de nous aider pour cette dernière traversée difficile ! Merci à Marie pour ces belles photos de nous aux Açores et pour son aide dans la peinture de notre aventure sur le port d’Horta.






On a hâte de vous retrouver à 15h le 18 mai à Bordeaux au bar le Gargalou !

A très vite

Francesco !

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